leParti pris des choses. Recueil poétique de F. Ponge (1942). Le poète s'intéresse aux choses les plus banales : l'abricot, l'huître, le cageot, etc. Selon lui, elles contiennent des mystères insoupçonnés que seule une approche neuve, voire naïve, peut déceler. Celle-ci nécessite un langage poétique renouvelé. FrancisPonge : L'Huître (Le parti pris des choses : 1942) Citation : "Le meilleur parti à prendre est de considérer toute chose comme inconnue" (Francis Ponge) Introduction : Titre manifeste, le Parti pris des choses de Francis Ponge indique une voie poétique où l'écrivain, tournant le dos à tout lyrisme, se met en quête de la matérialité des choses, de leur profondeur substantielle Lhuitre paraît dans Le Parti pris des choses, c'est un recueil de poèmes en prose qui paraît en 1942. Titre contradictoire car les choses, objets sans conscience, ne peuvent prendre partie. Dans ce recueil, le poète décrit des objets banals, quotidiens. Il refuse le lyrisme, et l'utilisation d'un langage artificiel. La poésie doit venir Lhuître Francis Ponge Introduction: Francis Ponge, novateur du réalisme publiera en 1942, Le Parti pris des choses, qui rompt avec la tradition de la poésie lyrique, qui plaçait au coeur de l'écriture poétique le « je » du poète, sa sensibilité et ses émotions. LaSaison 2011-2012 "brigadier Герой Советского Союза Lieu : Bretagne Inscription " · "Bernard Frédéric Герой Советского Союза Inscription : 2010-10-02 Messages : 5 481 Re : Merci Bertrand et toute la clique !!! brigadier a écrit : Top 14 - SF : Mola pas contacté Michael Cheika, licencié pour Parfoistrès rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner. Francis Ponge Le mot et la chose. Paru en 1942, Le Parti pris des choses est un défi poétique. LeParti pris des choses / Proêmes / Douze petits écrits - Ponge,Francis et des millions de romans en livraison rapide L'huître L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir : il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un L’huître » de Francis Ponge est un poème en prose issu du recueil Le Parti pris des choses publié en 1942. Chaque poème de ce recueil, ciselé comme un bijou, décrit un objet Ala fin de la première guerre mondiale, il adhère au Parti socialiste et rentre chez Gallimard. Par la suite en 1942, il publie le parti pris des choses suite à son entrée dans le Parti communiste Fichede 2 pages en littérature publié le 29 mai 2009: Francis Ponge, Le parti pris des choses, L'Huître : commentaire. Ce document a été mis à jour le 29/05/2009 Ce document a été mis à jour le 29/05/2009 NL29F. L'huître L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles c'est un travail grossier. Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos. A l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger sous un firmament à proprement parler de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords. Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s' Ponge Le mot et la chose. Paru en 1942, Le Parti pris des choses est un défi poétique. Il s’agit pour Francis Ponge de réparer ce lien fragilisé entre l’homme et son monde. Ca vous épate, hein ? Ces grandes phrases là. Mais prenez garde ! Fuyez donc ces explications ampoulées du genre Mais oui, normal, avec les guerres mondiales hein, et p’y tout ça, l’homme est traumatisé, et donc il est en rupture avec le monde et blablabla, etc… » En pensant à travers des abstractions on a tendance à vouloir raisonner par généralisation. Ceci engendre le plus souvent ces hypothèses aberrantes qui vous peignent un siècle en un événement pour prétendre éclairer l’ensemble de la production artistique à un temps donné. Comme si l’expression artistique n’était que le fruit désespéré du déterminisme. Le langage de Ponge s’offre comme un remède à cette rupture entre l’homme et les choses. Depuis trop longtemps l’homme a perdu ce lien direct entre lui et ce qui l’entoure. C’est à travers un regard neuf, posé sur des objets dérisoires, que Ponge propose une méthode. La démarche est philosophique et linguistique explorer des évidences prosaïques pour qu’elles retrouvent grâce à nos yeux. Avec Ponge, un pain bien cuit se fait paysage La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. ». Que sont les mots sinon des choses ? Pour le poète, le mot est pondérable, matière ; il n’est pas qu’un moyen de désigner le signifiant renferme toute l’essence de l’être. Signifiant et signifié se réconcilient dans la plénitude de l’unité. Cette dichotomie du mot n’a dès lors plus lieu d’être. Dans Le Grand Recueil, Ponge peut ainsi écrire Le mot VERRE D'EAU serait en quelque sorte adéquat à l'objet qu'il désigne… Commençant par un V, finissant par un U, les deux seules lettres en forme de vase ou de verre. Par ailleurs, j'aime assez que dans VERRE, après la forme donnée par V, soit donnée la matière par les deux syllabes ER RE, parfaitement symétriques comme si, placées de part et d'autre de la paroi du verre, l'une à l'intérieur, l'autre à l'extérieur, elles se reflétaient l'une en l'autre […] » Le mot redevient un tout indivisible, franc, sincère. La chose et la parole se reconnaissent. Le lien est réparé. Mouais. Moi, les fruits de mer, vous savez… Observons donc cette huître. Le texte de Ponge s’ouvre sur le redoublement du mot. Nommer est la première étape indispensable du processus de réappropriation de la chose, comme une incantation. La méthode du poète évoque celle d’un naturaliste il s’agit là de décrire. D’abord le mollusque nous est présenté de l’extérieur par un regard qui, ne sachant par où le prendre, le compare à un galet d’une apparence plus rugueuse », d’une couleur moins unie ». Avant que le regard s’affine, l’amateur d’huître passe à la praxis. L’huître est un huis.. oui, oui. C'est un monde opiniâtrement clos » nous dit Ponge. C’est une porte fermée dont il faut forcer l’entrée. Et le poète fournit le mode d’emploi afin de prendre la chose en main il faut alors la tenir au creux d'un torchon ». Mais patience. Une huître ne se donne pas si facilement. L’assonance en é » sur le couteau ébréché » insiste sur ce heurt répété de la lame qui doit s'y reprendre à plusieurs fois. » Encore une fois le mot est une matière non dépourvue de sens. La marque distinctive de l’huître, c’est cet accent circonflexe qui mime la silouhette du mollusque ouvert. Je voudrais connaître par cœur / Ton ciel intérieur » Méthodiquement, vous disais-je, le regard s’affine pour en pénétrer l’intérieur. L’objet prend des dimensions cosmogoniques qui rendent ses lettres de noblesse à ce banal et non moins déliceux mollusque. Il est bien plus que ça ! Sa nature prosaïque est enfin transfigurée. C’est tout un monde ! On y trouve à boire et à manger » au sens propre et au sens figuré, tant ce vaste univers est grouillant de vie. Les proportions sont bibliques sous un firmament à proprement parler de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous… ». La géométrie de l’huître dessine une symétrie cosmique. Elle est un écrin gigantesque qui recèle le mouvement organique. On y trouve un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue » Plus qu’une mare », c’est une mer. Ronsard nous invitait déjà hier soir à la paillardise. Quitte à faire, autant s’y vautrer comme un pourceau. Comment ne pas percevoir l’allusion pornographique au sexe féminin ? Le jeu de mot sur S’affaissent » donnait déjà le ton. C’est une vulve qui nous est décrite. La dentelle noirâtre sur les bords » confirme l’érotisation. L’huître est comme une femme qui, à force de patience, dévoile la part la plus secrète de son anatomie. Le couteau était le phallus. Le dernier mot revient au poète. Pas question de se laisser dépasser. Encore une fois, il s’agit bien de se l’approprier cette huître. Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner. » Cette dernière phrase est bien à l’image de l’huître opaque et hermétique. On notera l’étrangeté de l’expression une formule perle », comme une inversion qui sous-entendrait qu’une perle se forme. Cette perle dont on s’orne, ne serait-ce pas finalement le bijou taillé par l’auteur du grec poïesis fabriquer, à savoir le poème ? Il serait cette formule, entendu comme la façon de concevoir et d’agir…avec l’huître. Conclusion Vivement les fêtes de fin d’année ; il n’y aura plus qu’à déguster. Bonjour, Je vous envoie les pistes de correction pour le devoir sur le recueil de Francis Ponge, Le Parti pris des choses. J'ai reçu le travail de presque tous les élèves une élève dans chaque classe n'a pas fait le devoir. Je vous félicite donc globalement pour votre sérieux ! PS. Je n'ai pas reçu la liste des oeuvres choisies pour les élèves de 605. Le Parti pris des choses, Francis PONGE 1942 Des influences multiples - Lié à la Nouvelle Revue Française, créée par André Gide en 1909 et généralement considérée comme le bastion de la littérature classique - Il adhère provisoirement au surréalisme en 1930 - il publie pendant la Seconde Guerre mondiale aux côtés des poètes résistants - il entretient un dialogue avec la philosophie de l’absurde d’ Albert Camus, l’existentialisme de Jean-Paul Sartre - il fréquente certains écrivains du Nouveau Roman - il collabore dans les années 60 avec Tel Quel, célèbre groupe de réflexion sur la littérature mais méfiance instinctive / idéologies, systèmes, dégoût des idées » et choix d’un travail humble et rigoureux au plus près des choses et des mots. Les intentions du poète, la démarche poétique de Ponge refuser la poésie traditionnelle et le lyrisme rejet du lyrisme patheux » Ponge érigé en modèle exclusif par le romantisme ou le symbolisme, de l’introspection. Donner la parole aux choses muettes Il s’agit pour moi de faire parler les choses » Ponge, 1828 et revaloriser les réalités les plus insignifiantes se démarquer de la recherche classique du Beau, de l’harmonie Couper les ailes à la grandeur, à la beauté ». Donner leur place en littérature aux réalités quotidiennes, au banal. Se faire le porte-parole de ce monde muet sur lequel l’homme n’a cessé d’étendre sa domination. Nouvelle manière d’être au monde, se laisser envahir par les choses NB. Modèle antique du De natura rerum De la nature marqué par le matérialisme épicurien et l’élaboration d’une cosmogonie, cad un système capable d’expliquer la naissance de l’univers dans l’intervention des dieux. Concevoir la poésie comme un travail d’artisan en prise directe avec la matière Cf PARTI PRIS DES CHOSES égale COMPTE TENU DES MOTS. = s’intéresser aux relations entre les mots et les choses, explorer les richesses graphiques et phoniques des mots signifiant, travailler sur l’étymologie, les connotations, le champ sémantique du mot signifié. Manier, modeler l’objet dans le texte, dans la glaise des mots. NB objeu » mot-valise créé à partir des termes objet » et jeu ». - l’activité poétique est conçue comme une activité ludique, un jeu avec la forme et le sens des mots Cf les jeux de mots le savon qui aime se faire mousser, les calembours les chèvres belles et butées ou belzébuthées, les paronomases l’emphase des amphores dans La Cruche », les mots-valises l’horizondelle - il s’agit de faire jouer pleinement les mécanismes de langage pour créer un objet de langage, un texte-objet cad faire en sorte que le texte devienne l’équivalent poétique de la chose ». Porter un regard nouveau sur les choses et retrouver devant elles nos facultés d’émerveillement. On peut donc concevoir ces poèmes comme des fables dont nous devons tirer une morale. Changer notre regard sur le monde, en faire redécouvrir la beauté, prendre conscience du plaisir, de la jouissance à éprouver le monde permet aussi de se retrouver aussi soi-même co-naître au monde cad naître ou renaître avec lui, en acceptant de devenir autre à son contact Des poèmes en prose - une unité structurelle par le soin apporté àla paragraphie, les reprises lexicales, les figures de répétition et de construction, le poème en prose renforce dans sa densité une rigueur qui rappelle la structure strophique du poème en vers.  une concentration des effets poétiques dans la prose les figures de rhétorique, le rythme, la matière sonore des mots.  une thématique privilégiée depuis Baudelaire, le poème en prose s'attache aux thèmes de la modernitéla ville et se prête particulièrement àl'expression de l'imaginaire.  une clôture le poème en prose trouve sa cohérence dans les lois internes qui le régissent. cf Le Spleen de Parisou Petits poèmes en prose » écrits par Baudelaire L’unité du recueil 32 textes reliés par des titres similaires article défini = nom modèle de l’herbier des phénomènes d’écho associations croisées ex le feu / le papillon ; le galet / l’huître de grands thèmes les objets la cageot, la bougie, la cigarette, le volet, la fenêtre, l’édredon, la barque, la cruche, la radio, la lessiveuse, le savon, la table les animaux l’huître, le mollusque, le papillon, la crevette, la grenouille, le lézard, la guêpe, l’araignée, la chèvre, le cheval, l’âne. Les végétaux les mûres, l’orange, la mousse, l’œillet, le mimosa, les ombelles, la pomme de terre, le magnolia, le gui, le platane, la figue. Les minéraux et les éléments naturels l’anthracite, le galet, la boue, la terre, la pluie, l’eau, le feu, le soleil. Les aliments le pain, le vin, le verre d’eau, le morceau de viande, le plat de poissons frits. Les lieux du quotidien les bords de mer, le restaurant Lemeunier de la Chaussée d’Antin, la maison paysanne, le grenier, l’atelier. Certains types d’hommes ou certaines réalités humaines le gymnaste, la jeune mère, l’adolescente, la danseuse, l’eau des larmes, la main Les arguments pouvant justifier le choix de cette œuvre tout ce qui suit constitue des pistes de travail à développer l’originalité de la démarche de Ponge, le refus du lyrisme comme du réalisme, l’attention portée aux choses simples, prosaïques la rigueur de l’analyse, l’apparence de scientificité de la description, la posture du naturaliste ET la volonté de changer notre regard sur le monde, de transmettre un message moral aux hommes vaniteux et serviles cf Escargots, De l’eau l’attention extrême portée à la matérialité des choses et du langage un regard sur la société cf Seine n° ; Le Gymnaste ; Le restaurant Lemeunier rue de la Chaussée d’Antin un recueil qui s’inscrit dans une tradition remontant aux cosmogonies poétiques de l’Antiquité œuvre portant sur l’origine de l’univers. Cf Lucrèce Bref, il s’agit moins d’observer le galet que de s’installer en son cœur et de voir le monde avec ses yeux, comme fait le romancier qui, pour peindre ses héros, se coule dans la conscience de ceux-ci et décrit choses et gens tels qu’ils lui apparaissent. Cette position permet de comprendre pourquoi Ponge appelle son œuvre une cosmogonie plutôt qu’une cosmologie. C’est qu’il ne s’agit pas de décrire ». Jean-Paul Sartre, L’homme et les choses », Situations I1944 l’humour de certains poèmes le travail sur le langage jeux sur les mots ou les sonorités, l’étymologie, le graphisme… la célébration du monde et de sa beauté Le lien avec Baudelaire On retrouve chez les deux poètes la volonté de réhabiliter ce qui est méprisé, rejeté. Cf Ode inachevée à la boue », Ponge La boue plaît aux cœurs nobles parce que constamment méprisée. Notre esprit la honnit, nos pieds et nos roues l'écrasent. Elle rend la marche difficile et elle salit voilà ce qu'on ne lui pardonne pas. C'est de la boue! dit-on des gens qu'on abomine, ou d'injures basses et intéressées. Sans souci de la honte qu'on lui inflige, du tort à jamais qu'on lui fait. Cette constante humiliation, qui la mériterait ? Cette atroce persévérance ! Boue si méprisée, je t'aime. Je t'aime à raison du mépris où l'on te tient. De mon écrit, boue au sens propre, jaillis à la face de tes détracteurs ! Tu es si belle, après l'orage qui te fonde, avec tes ailes bleues ! Quand, plus que les lointains, le prochain devient sombre et qu'après un long temps de songerie funèbre, la pluie battant soudain jusqu'à meurtrir le sol fonde bientôt la boue, un regard pur l'adore c'est celui de l'azur agenouillé déjà sur ce corps limoneux trop roué de charrettes hostiles, – dans les longs intervalles desquelles, pourtant, d'une sarcelle à son gué opiniâtre la constance et la liberté guident nos pas Ainsi devient un lieu sauvage le carrefour le plus amène, la sente la mieux poudrée. La plus fine fleur du sol fait la boue la meilleure, celle qui se défend le mieux des atteintes du pied ; comme aussi de toute intention plasticienne. La plus alerte enfin à gicler au visage de ses contempteurs. Elle interdit elle-même l'approche de son centre, oblige à de longs détours, voire à des échasses. Ce n'est peut-être pas qu'elle soit inhospitalière ou jalouse; car, privée d'affection, si vous lui faites la moindre avance, elle s'attache à vous. On retrouve chez les deux poètes le processus alchimique d’une poésie qui fait subir une métamorphose au monde, le transforme. Rapprocher par exemple la carcasse d’ Une Charogne » et le poème Le Morceau de chair » Mais, Baudelaire s’intéresse plus à la laideur, au mal quand Ponge privilégie le banal, le quotidien. La vision de Baudelaire est plus sombre, pessimiste. Ponge est certainement le seul qui ait eu l’ambition de défendre à la fois la pensée des Lumières et celle qui a surgi de la modernité la plus aiguë. On ne l’écoute aps ? On le cantonne dans les marges de la société ? Peu importe. Avec une sobriété et une énergie d’alchimiste, il est à son fourneau, jour et nuit » Philippe Sollers, Ponge en abîme », Eloge de l’infini2001 Ceux qui choisiront ce recueil auraient tout intérêt à lire le Profil bacconsacré au Parti pris des choses, Eric Doucet Collection Profil de l’œuvre, Hatier lire le dossier établi par Emilie Frémond pour l’édition Folio plus classiques je pourrai la prêter. Regarder ce court entretien avec Ponge 3 mn 18 Ecouter cette émission de France culture consacrée à Ponge 6 mn Regarder ce documentaire de l’INA consacré à Ponge en 1965 1 h ou lire d’autres recueils de Ponge comme Pièces1962 et La Rage de l’expression1952 s’intéresser au travail d’un autre poète contemporain de Ponge Eugène Guillevic. IUn poème moderne Le thème du poème est surprenant car il s'agit d'un objet ordinaire, prosaïque une huître. Il est très éloigné des thèmes classiques de la poésie traditionnelle. Le poème est écrit en prose et non en vers, il est construit autour de trois paragraphes de plus en plus courts, sans blancs typographiques, ce qui donne l'impression d'un texte serré, à l'image de l'objet évoqué. Le texte du poème peut faire penser à une définition d'objet plutôt qu'à un poème. IIUn poème descriptif La description de l'objet est minutieuse et objective le titre fait penser à celui d'un article de dictionnaire, il est simple et précis. Dans le poème, le temps employé est le présent gnomique "est", "on peut", "il faut". Les adjectifs sont nombreux "moyen", "rugueuse", "visqueux", "verdâtre". La description est précise et porte sur tous les aspects de l'huître. Elle renseigne le lecteur sur sa taille "de la grosseur d'un galet moyen". L'utilisation de cette comparaison permet au lecteur qui n'aurait jamais vu cet objet de se le représenter immédiatement. Cela est également le cas pour sa forme "de la taille d'un galet moyen" et sa couleur grâce à de nombreux adjectifs "moins unie", "brillamment blanchâtre", "verdâtre", "noirâtre". Le suffixe -âtre confère d'ailleurs à la description une tonalité péjorative, loin de toute idéalisation de l'objet poétique. Les cinq sens sont mis à profit afin de proposer une définition sensorielle précise. La vue est présente à travers les termes "unie", "ronds blancs", "blanchâtre", "verdâtre", "noirâtre". L'ouïe est présente à travers "les coups". L'odorat est présent grâce aux verbes "flue et reflue à l'odeur". Le toucher est évoqué avec "nacre" et des adjectifs comme "rugueuse" et "visqueux". Grâce à ces éléments, le lecteur peut créer une représentation mentale de l'objet. Cela renvoie à la conception de Francis Ponge qui décide de "prendre le parti des choses" comme le suggère le titre du recueil. IIIUn poème à l'image de l'objet décrit Il y a une analogie entre l'objet décrit et le poème car ce dernier est constitué de trois paragraphes portant sur un aspect de l'objet. Le premier paragraphe décrit l'extérieur de l'huître et explique comment l'ouvrir. Le deuxième paragraphe décrit l'intérieur de l'huître, le mollusque. Le dernier paragraphe fait mention de la perle cachée en son sein. Les trois paragraphes sont de plus en plus petits, comme les éléments de l'huître décrits la coquille, le mollusque, la perle. Certains mots, de par leur graphie, font écho à l'objet. En effet, la terminaison -âtre est présente à travers les mots suivants "blanchâtre", "verdâtre", "noirâtre", "opiniâtrement". De même, les allitérations, notamment celle du son [k], permettent d'illustrer les actions évoquées. La difficulté liée à l'ouverture de la coquille est ainsi évoquée à travers cette allitération qui évoque les coups portés "coups", "qu'on", "cassent", "coupent". IVLa symbolique de l'huître La place de l'huître dans le monde est évoquée comme elle le serait pour un personnage littéraire ordinaire. Les expressions suivantes "tout un monde", "à boire et à manger", "cieux", "firmament" semblent suggérer que l'huître constitue un microcosme, elle se suffit à elle-même. L'huître est d'ailleurs composée de trois éléments l'eau à travers la "mare" et les verbes conjugués "flue et reflue" qui peuvent faire penser à la marée ; le ciel à travers "les cieux d'en dessus" et "les cieux d'en dessous" ce qui peut faire référence à la terre, cernée par les cieux ; enfin la terre et le minéral grâce aux termes "galet", "nacre", "dentelle". L'Homme est seulement mentionné, il est réduit à l'aide d'une métonymie à des "doigts" qui sont "curieux", ils se coupent et se "cassent les ongles". Il y a la présence de tournures impersonnelles "il faut", "on" qui empêche d'individualiser l'Homme. Cependant, l'huître est tout de même soumise à l'Homme comme en témoignent les verbes employés "ouvrir", "tenir", "porte", "trouve". VLa métaphore de l'écriture poétique Ce poème raconte à travers une métaphore le travail d'écriture poétique auquel est confronté le poète. Ainsi le premier paragraphe représente la recherche, la création. Contrairement aux poètes qui parlent d'inspiration poétique ici, il est bien question de travail. La difficulté que rencontre l'Homme à ouvrir l'huître symbolise la difficulté que peut rencontrer le poète lors de l'écriture "s'y reprendre à plusieurs fois", "le travail", "les coups". Il s'agit d'une lutte plutôt violente entre l'Homme et l'objet. Ensuite, l'Homme accède à "tout un monde", le mollusque est décrit de manière esthétique "dentelle", "firmament", "cieux", "nacre". Tout comme le mollusque, le texte poétique, avant de devenir poème, doit être travaillé au niveau de la forme, de son esthétique. Enfin, le poète accède à la perle qu'il trouve. Même s'il faut lutter pour le trouver, un monde meilleur et plus beau reste accessible, il est à trouver répété deux fois dans le poème. Ce verbe est issu du latin tropare, qui signifie "inventer, découvrir, composer un poème". La dernière phrase fait référence à la trouvaille du poète, à l'objet créé par le travail d'écriture, le poème rare et précieux "dont on trouve à s'orner." Qu'est-ce qui rend ce texte poétique ?I. Le travail sur la formeII. La création d'images esthétiquesIII. La réflexion sur la création poétiqueComment Ponge renouvelle-t-il le regard porté sur l'huître ?I. Une description minutieuseII. Une description imagéeIII. L'huître, symbole de création littéraireEn quoi ce poème est-il moderne ?I. Un objet poétique originalII. Une écriture objectiveIII. Un objet métaphoriqueQuelle conception de la poésie se dégage de ce poème ?I. Un poème en proseII. Un poème objectifIII. Le travail de l'écrivain